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Artemisia vulgaris La moxibustion est une technique thérapeutique connue principalement à travers la Médecine Traditionnelle Chinoise, mais nous la retrouvons aussi dans les médecines du Japon, de la Corée, du Vietnam, du Tibet et de la Mongolie. En 2010, l'Unesco déclara la moxibustion Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité, avec l'acupuncture.

Cette technique ancienne utilise la chaleur émise par le moxa pour chauffer les méridiens et certains points d'acupuncture, afin d'expulser le Yin et de tonifier le Yang. Elle permet de stimuler et d'activer un flux constant de Qi et du sang, ce qui a pour effet de disperser l'accumulation des agents pathogènes et de prévenir les inflammations, les intumescences et les gonflements. Le moxa (du japonais “mogusa”) est confectionné à partir de feuilles pulvérisées d'armoise (Artemisia vulgaris). Ces feuilles sont séchées et broyées dans un mortier pour pouvoir les utiliser telles quelles ou les presser en formant des cônes ou des bâtonnets. Anciennement, on utilisait des charbons ardents à la place de l'armoise.

Cones de moxa Du point de vue clinique, il existe plusieurs types de moxibustion. Les plus courantes sont la moxibustion par cônes (ai zhu), par bâtonnets (ai tiao) et celle appliquée sur l'aiguille d'acupuncture. Dans la moxibustion par cônes, la dimension du cône peut varier d'un grain de blé, à celle d'un grain de lotus, voire à celle d'une olive. Ce type de moxibustion peut être directe ou indirecte. Avec la méthode directe, le cône de moxa est appliqué et allumé directement sur l'épiderme. Cette technique peut se réaliser de deux façons, selon que le point d'application du moxa laisse ou non une cicatrice. En laissant une cicatrice,le praticien recouvre le point à traiter avec une décoction d'ail et applique le cône de moxa sur la peau jusqu'à ce qu'il s'éteigne de lui-même. Ensuite, il enlève les cendres et, utilisant d'autres cônes, renouvelle l'opération autant de fois que nécessaire. Après une semaine, les brûlures provoquent des suppurations; dans les 45 jours suivants, il se forme une croûte qui, en tombant, laisse une cicatrice sur la peau. Cette technique exige que le patient suive dans le même temps un régime alimentaire spécial. Assez pénible à supporter, cette moxibustion n'est utilisée qu'en dernier recours dans les cas graves d'asthme, de gastro-entérite, de tuberculose pulmonaire ou pour prévenir des apoplexies. Pour ne pas laisser de cicatrice, le patricien utilise comme précédemment une décoction d'ail et maintient le cône de moxa en contact avec la peau jusqu'à ce qu'il se consume aux trois quarts ou aux trois cinquièmes, ou jusqu'au moment où le patient commence à sentir la douleur, puis il remplace le cône par un autre. Cette méthode est particulièrement efficace dans le traitement de maladies chroniques, de maladies résultant d'asthénie ou pour les maladies “froides”.

Moxa sur de l'ail Avec la moxibustion indirecte, le cône de moxa est isolé de la peau par un corps ou substance intermédiaire, qui peut être: une tranche de gingembre frais (de 0,2 à 0,3 cm d'épaisseur) placée entre la peau et le moxa, qui perforée, permet de maintenir le moxa allumé sur le point à traiter. L'opération, répétée de 5 à 10 fois, est efficace pour les douleurs abdominales et les diarrhées causées par le froid ainsi que pour le traitement des douleurs articulaires; une séparation d'ail frais (de 0,1 à 0,3 cm d'épaisseur), perforé également avec la finalité de maintenir le moxa allumé. La tranche d'ail permet l'application de 3 ou 4 unités de moxa, puis doit être renouvelée. L'opération est indiquée pour soulager les enflures, enlever le pus, enrayer la douleur, tout particulièrement en cas de furoncles, de plaies et des pustules.

La séparation entre le moxa et la peau peut encore être réalisée avec du poivre, une racine d'aconit, de la cire jaune ou des galettes de 5 cm de diamètre réutilisables, faites de différentes plantes médicinales. La séparation par le sel diffère de ce qui précède en ce qu'elle n'est utilisée que sur le nombril: la cavité du nombril, remplie de sel, sert de base à la moxibustion utilisant des cônes de moxa. Ce traitement permet de remédier à une déperdition de Yang (décelable à une transpiration excessive, à des membres froids), en le restaurant, à apaiser une douleur abdominale aiguë, à soigner des vomissements et la diarrhée, à éviter des syncopes, etc. Batonnet de moxa Este tratamiento permite remediar una pérdida de Yang (revelada por una transpiración excesiva, por extremidades frías), restaurándolo, para apaciguar un dolor abdominal agudo, curar vómitos y diarreas, evitar síncopes, etc.

Les bâtonnets utilisés dans la moxibustion sont constitués de feuilles enroulées à la manière d'un cigare. Ils sont d'utilisation pratique et les praticiens s'en servent de trois manières:

  • tiède et calmante (wen he jiu): l'extrémité incandescente du bâtonnet est rapprochée pendant 10 à 20 minutes du ou des points d'acupuncture choisis; le patient doit sentir une chaleur agréable sans brûlure ni douleur. L'application est maintenue jusqu'à ce que la peau autour du point traité devienne rouge sombre ou pourpre;
  • “moineau picorant” (que zhuo jiu): sans toucher la peau, le praticien doit avancer l'extrémité du bâtonnet sur le point d'acupuncture choisit et le retire rapidement (comme un oiseau qui picore). L'application n'excède pas les 5 minutes. Cette technique est utilisée pour les maladies infantiles et dans les traitements urgents;
  • mouvements circulaires (hui xuan jiu): tout en maintenant l'extrémité incandescente du bâtonnet à 3 cm de la peau, le praticien décrit de longs mouvements circulaires. Cette technique est efficace pour le traitement des douleurs rhumatismales causées par les pathogènes vent et humidité, et pour celui des neuroparalysies.

Moxa avec des aiguilles d'acupuncture De manière générale, la moxibustion apporte de la chaleur quand il y a un excès de froid et tonifie quand il y a un vide de Yang, en activant et en faisant circuler le Qi et le sang par tout l'organisme. Concrètement, elle permet de traiter les rhumatismes, les douleurs articulaires et musculaires, les troubles digestifs comme la diarrhée, l'anémie, les douleurs menstruelles, certaines infertilités, voire l'impuissance sexuelle chez l'homme et l'éjaculation précoce. Elle est utilisée également en cas d'asthénie ou de maladies chroniques, afin de renforcer l'énergie vitale de la personne.

Dans la pratique, la moxibustion est généralement appliquée en priorité « au haut, puis au bas », « à la tête, puis aux membres », « au dos, puis à l'abdomen », « au méridien Yang, puis au méridien Yin ». La dimension du cône de moxa et la durée d'application du bâtonnet dépendent du patient (son état général de santé, son âge et de la zone ou du point à traiter). Généralement, la quantité ou le volume de moxa utilisés correspondent à une moyenne de 3 à 5 cônes et à une durée d'application variant de 10 à 20 minutes.

Estampe chinoise de moxibustion Certaines personnes pourraient être tentées à s'auto-traiter à l'aide de la moxibustion, surtout en sachant qu'il est facile de se procurer les moxas dans le commerce. Nonobstant, il faut tenir en compte qu'il existe des sérieuse contre-indications à cette pratique. Ainsi, la moxibustion ne doit pas être utilisée dans les cas de sthénie de Yang, de forte fièvre causée par des pathogènes exogènes ou par une forte asthénie de Yin. La technique par application directe avec cicatrice est à proscrire pour les patients dont les extrémités sont engourdies et, a fortiori, pour des personne dans le coma. Également, cette technique est à éviter sur le visage, dans toute la région cardiaque à proximité immédiate des artères, des muscles et des tendons. La moxibustion est déconseillée sur l'abdomen et dans la région du sacrum chez une femme enceinte. Chez les enfants, le vertex ne doit en aucun cas être approché. Une pratique inadéquate de la moxibustion peut provoquer insomnie, fièvre, aggraver une infection ou une inflammation, brûlures, etc. Il faut savoir aussi qu'il existe une série de points interdits qui ne peuvent pas être traités avec des moxas, pouvant provoquer des déséquilibres graves. La meilleure option consiste toujours en consulter un bon thérapeute.

* La moxibustion n'exclue ni ne remplace tout traitement médical ou pharmacologique.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

  • Requena, Yves. Guide pratique des moxas chinois. Guy Trédaniel Editeur, 2011.
  • Juster de Coulanges, Jean-François. L'armoise dans la Médecine Traditionnelle Chinoise. Guy Trédaniel Editeur, 2003.
  • Caudet Piñana, Felip. Une introduction à la moxibustion japonaise. Springer Editeur, 2012.