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Plantes aromatiquesLes plantes aromatiques sont un des meilleurs cadeaux que nous a offert le règne végétal. Les premières empreintes de leur utilisation remontent à plus de 40000 ans avant notre ère. Á cette époque-là, on utilisait le végétal dans son état naturel ou après avoir subi une légère modification (trituration, infusion ou décoction). Par exemple, les tribus aborigènes d'Australie préparaient un cataplasme composé de feuilles de l'arbre à thé (tea tree) avec de l'argile pour traiter les infections cutanées. Et cette même méthode est utilisée aujourd'hui dans le traitement de l'acné!

Nombreux sont les documents qui nous arrivent de l'Inde, de la Chine et de tout le bassin méditerranéen où nous trouvons des préparations à base de plantes aromatiques avec des fins médicinales. Le basilic, la cannelle, le gingembre, le cardamome, la myrrhe et la coriandre, par exemple, étaient cuits ou macérés dans de la graisse pour faire des préparations plus élaborées. Signalons que le fameux baume du tigre, l'original, ne contient que des huiles essentielles.

L'Ancienne Égypte nous apporte aussi des grandes connaissances sur les huiles essentielles. En plus de la myrrhe, du cyprès, du cèdre, du basilic ou du poivre utilisés pour embaumer les défunts, les égyptiens préparaient un remède très complexe, le kyphi, avec du nard, de l'encens, de la myrrhe, du santal... et qui était employé comme médicament, mais aussi dans les rituels magiques et religieux. Les écrits d'Imhotep (autour de l'an 1500 a. C.) présentent des recettes très proches de celles de l'aromathérapie moderne.

AvicenneLe sage perse Ibn Sina, plus connu comme Avicenne (980-1037), perfectionna la technique de la distillation à travers laquelle nous obtenons les huiles essentielles dans son état pur. Cette pratique arriva en Occident grâce au peuple arabe. Beaucoup plus tard, dans la Grèce Antique, des noms comme Théophraste, Dioscoride, Asclépios et Hippocrate ont contribué à l'étude des propriétés des huiles essentielles à des fins thérapeutiques.

Au Moyen Âge, les apothicaires étaient nommés aromaterii, une preuve de plus de l'importance des extraits aromatiques dans les remèdes de l'époque.

Au XXème siècle, l'aromathérapie connaît une renaissance grâce au travail des scientifiques tels que René-Maurice Gattefossé, Pierre Franchomme et les docteurs Valnet, Belaiche, Lapraz, Duraffourd ou d'Hervincourt, en la définissant comme un art thérapeutique basé sur l'usage des huiles essentielles.

OrangerActuellement il y a environ 800000 espèces végétales cataloguées comme plantes à essence ou plantes aromatiques. Elles occupent le sommet de la pyramide du règne végétal et se différencient des autres plantes par leur capacité à produire une essence. Cette essence est secrétée à travers des poils glandulaires épidermiques, des cavités glandulaires ou bien des canaux glandulaires. Ces structures sécrétrices peuvent se trouver dans les différentes parties qui composent la plante: sommité fleurie (lavande), graine (carotte), fruit (citron), racine (nard), bois (cèdre), feuille (eucalyptus), rhizome (gingembre), écorce (cannelle) et oléorésine (encens). L'essence se trouve en plusieurs organes d'une même plante, mais dans des proportions et, parfois, des compositions différentes.

Les principales familles de plantes aromatiques sont: Labiées (thym, romarin, sauge), Lauracées (laurier, bois de rose, cannelle), Myrtacées (eucalyptus, tea tree, niaouli), Apiacées (anis, fenouil, cumin), Abiétacées (pin, épicéa, cèdre), Astéracées (immortelle, estragon, tanaisie), Rutacées (orange, bergamote, mandarine), Poacées (palmarosa, citronnelle), Cupressacées (cyprès, genévrier), Géraniacées (géranium d'Égypte, de Bourbon) et Cistacées (ciste, katafray).

Alambique L'extraction des essences est une opération délicate, car son objectif consiste à capter les substances les plus subtiles et fragiles élaborées par la plante, sans que leur qualité soit altérée. Pour cela il existe de nombreux procédés: pression mécanique, distillation à la vapeur d'eau, percolation, extraction au CO₂ supercritique, imprégnation, macération et extraction avec des solvants volatils. Les huiles essentielles obtenues doivent être 100 % naturelles et pures, c'est-à-dire, sans être adultérées avec des molécules synthétiques et libres d'autres huiles essentielles proches, d'huiles végétales, d'alcool, etc.

Le rendement des huiles essentielles diffère d'une espèce à une autre. Plus on aura besoin de plantes pour obtenir un litre d'huile essentielle, plus élevé sera le prix. Par exemple, pour obtenir un litre d'essence de rose de Damas il faut environ 4000 Kg de pétales (une hectare de rosiers!), 150 Kg de sommités fleuries pour la lavande et environ 7 Kg de boutons de fleurs pour le clou de girofle. Ce rendement varie aussi d'une année à l'autre pour une même plante, d'une saison à l'autre, d'une heure à l'autre et d'une région à l'autre.

Tous ces facteurs (climat, région, sol, altitude...) ont aussi une influence sur les composants aromatiques d'une plante, ce qui donne lieu à des variations dans la composition appelées chémotypes. Par exemple, le romarin produit trois huiles essentielles différentes en fonction de son origine: prédominance d'eucalyptol (expectorant) au Maroc, prédominance de camphre (relaxant musculaire) en Provence et de verbénone (stimulant hépatique) en Corse. Afin de spécifier le chémotype, la nomenclature utilisée est la suivante: le nom du genre et de l'espèce en latin suivi de “QT” et la molécule spécifique, par exemple, Thymus vulgaris QT linalol. Ou tout simplement, thym (linalol).

Au moment d'acheter une huile essentielle il convient de lire attentivement l’étiquette sur le flacon, laquelle doit indiquer le genre et l'espèce botanique (en latin), le chémotype et la partie de la plante qui a été distillée. Si l'huile a été soumise à un contrôle de qualité, sur l'étiquette doit apparaître aussi un numéro de lot à partir duquel on pourrait obtenir l'information chromatographique correspondante et une parfaite traçabilité.

 

Jambes lourdesLes huiles essentielles possèdent des nombreuses propriétés thérapeutiques, ce qui leur apporte un vaste champ d'application. Ainsi donc, elles peuvent être utilisées comme des agents antiseptiques et immunostimulants par leurs actions antibactérienne (cannelle), antifongique (niaouli), antivirale (ravensare) et antiparasitaire (origan); comme antiinflammatoire, que ce soit face à une inflammation d'étyologie nerveuse (camomille) ou immunitaire (eucalyptus citronné), pouvant même exercer une activité moléculaire similaire à la cortisone (épinette noire); comme antiallergique et antihystaminique (matricaire, tanaisie); comme harmonisants du système nerveux, soit pour le tonifier (bois de rose) soit pour le relaxer (fleur d'oranger). Nous pouvons aussi travailler avec les essences au niveau du système circulatoire grâce à leurs propriétés hypérémiantes, veinotoniques, décongestives, lymphatiques, anticoagulantes, hypotensives... (hélychrise, lentisque, cyprès, cédre de l'Atlas, patchouli, citron...); au niveau dermatologique par la capacité astringente et réafirmante (menthe poivrée), cicatrisante (lavande aspic), lipolytique (cèdre de l'Atlas), antipigmentaire (céleri), drainante (pamplemousse) et exfoliante (romarin à camphre); au niveau digestif par leurs actions carminatives (coriandre), antidiarrhéique (ail), colagogue(lavande), antispamodique (estragon), apéritive (fenouil), stimulante hepatique (citron), vermifuge (sarriette), antiémétique (menthe poivrée)...; au niveau respiratoire par leurs propriétés antigripales (eucalyptus radiata), balsamique (pin), béchique (estragon), expectorante (marjolaine), bronchodilatation (tanaisie)...; Et encore plus de propriétés: endocrines, litolytiques, diurétiques, analgésiques, antitumorales, aphrodisiaques, répulsives d'insectes, cautérisantes, antirhematiques, antiartritiques, énergisantes, anesthésiques, calmantes, sédatives, hépatorégénératrices, antidéprésives, radioprotectrices, utérotoniques et un long et caetera.

 

Huile essentielle de canelleAvant d'utiliser n'importe quelle huile essentielle, il faut tenir en compte que certaines d'entre elles peuvent présenter des effets indésirables ou des contre-indications dûs à leur composition chimique, mais aussi à la sensibilité de la personne que les utilise. Au niveau de la peau, les huiles essentielles riches en alcools terpéniques et aldéhydes aromatiques (lavande, menthe poivrée, palmarosa...) pourraient provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes avec des antécédents d'allergie; celles riches en phénols ou aldéhydes aromatiques (cannelle, origan, clou de girofle, sarriette...) peuvent donner lieu à une réaction dermocaustique; et les essences qui contiennent des furanocumarines (tous les citriques) peuvent provoquer des réactions cutanées de photosensibilisation. Il faut citer de manière générale l'effet toxique sur les reins, le foie et le système nerveux que génèrent certaines huiles essentielles administrées par voie orale, principalement celles riches en cétones et lactones. Pendant les trois premiers mois de grossesse, la prise par voie orale d'huiles essentielles et hautement déconseillée; même en application cutanée, il faut prendre des précautions de base afin que le fœtus ne soit exposé à aucun risque. La femme enceinte évitera les essences avec des cétones (cèdre de l'Atlas, menthe poivrée, sauge, eucalyptus mentholé...), celles avec des propriétés utérotoniques (clou de girofle, palmarosa, thym à géraniol...). Les yeux et les muqueuses nasales, auriculaires et ano-génitales ne doivent jamais être en contact avec une huile pure. Et, bien sûr, ne pas laisser les huiles essentielles à porté des enfants. Ne pas jouer à “l'apprenti sorcier” si vous ne connaissez pas en profondeur les huiles essentielles à utiliser. En cas de doute, consultez toujours un spécialiste en la matière.

 

Compte-gouttesL'usage des huiles essentielles dépend de l'application et du type d'huile utilisée. Il s'agit de composés très concentrés et, pourtant, très puissants. C'est pour cela qu'il faut les utiliser avec beaucoup de précaution, respectant la dose et le mode d'emploi spécifique pour chaque huile. L'ingestion par voie orale des essences est le moyen le moins utilisé, car les effets mettent plus de temps à se manifester et les doses doivent être très précises et contrôlées par un expert en aromathérapie. Quand bien même, les huiles essentielles peuvent être ingérées en mettant deux ou trois gouttes sur un support (miel, morceau de sucre, mie de pain, huile végétale, comprimé neutre...), sans dépasser les six gouttes par jour. A travers la peau, les huiles essentielles sont absorbées rapidement grâce à leur composition organique, arrivant au torrent sanguin pour être transportées vers le lieu adéquat. Le massage avec des essences augmente les effets physiologiques et psychologiques de celles-ci, car on agit sur les terminaisons nerveuses du corps, en produisant une agréable sensation de bien-être et en stimulant, en même temps, le flux énergétique. Seules quelques huiles essentielles, et dans des cas très spécifiques, peuvent être appliquées directement sur la peau (lavande, ravintsare, tea tree). En général, on emploie les huiles essentielles diluées dans une base d'huile végétale( amande, sésame, olive, noisette, tournesol, etc.), de gel d'aloe véra ou de silice et même dans les crèmes et lotions. La quantité d'huile essentielle à diluer dépend du type d'huile, de l'effet recherché et de la partie du corps sur laquelle nous voulons l'appliquer. Nous pouvons aussi jouir des délices des essences dans un bain, en mélangeant de trois à six gouttes dans une noisette de gel de douche pour les diluer, car elles sont insolubles dans l'eau, comme toutes les huiles. L'eau chaude favorise leur absorption à travers des tissus et par l'inhalation des vapeurs aromatiques (l'usage d'huile essentielle de menthe dans le bain présente un risque de choque thermique; ne pas ajouter des huiles essentielles dans le bain du bébé). Inhalations Comme il s'agit de produits volatils, les huiles essentielles peuvent être diffusées dans l'air parfaitement. La manière la plus simple consiste à verser quelques gouttes sur un mouchoir ou sur l'oreiller et inhaler l'essence. En cas de bronchite ou de rhume, l'inhalation des vapeurs résulte bénéfique pour le système respiratoire. Pour cela, verser entre deux et quatre gouttes d'huile essentielle dans un récipient avec de l'eau très chaude, se couvrir la tête avec une serviette et respirer les vapeurs. Les huiles essentielles peuvent aussi être diffusées à l'aide d'un diffuseur électrique spécialement conçu pour cela. L'avantage de ce mode d'emploi est que les essences ne sont pas chauffées et conservent ainsi leurs précieuses propriétés. C'est une excellente façon de rafraîchir et purifier l'air ambiant, en créant une sensation de bien-être.

Et maintenant, aux huiles essentielles de montrer leur magie.

* L'aromathérapie n'exclue ni ne remplace tout traitement médical ou pharmacologique.

POUR EN SAVOIR PLUS:

  • Baudoux, Dominique. L'aromathérapie. Se soigner par les huiles essentielles.. Editions Amyris, 2010.
  • Baudoux, Dominique. Pour une cosmétique intelligente. Huiles essentielles et végétales.. Editions Amyris, 2010.
  • Baudoux, Dominique. Guide pratique d'aromathérapie familiale et scientifique.. Editions Amyris, 2011.
  • Dr Zhiri, Baudoux, Dominique et Breda; M.L. Les huiles essentielles chémotypées et leurs synergies. Edittions Inspir.

  • Bitsas, André. Aromathérapie, corps et âme. Etidions Amyris.

  • Bosson, Lydia. Grandir avec les huiles essentielles. Editions Amyris.

  • https://fr.florame.com/ Site web de Florame, huiles essentielles et cosmétique bio. En Fr